Trail de Haute Provence : mon débrief honnête d'un 55km par temps de dingue 🏔️
55 km, 2 450 m de D+, -13°C au ressenti au départ et un cagnard à l'arrivée. Voilà ce que ça donne quand la montagne décide de pas faire de cadeaux.
Salut les traileurs,
Le Trail de Haute Provence, c’est fait.
7h21min31s. 116e sur 395 finishers. Et clairement la course la plus dure que j’ai faite jusqu’ici.
Je t’explique pourquoi.
Une course raccourcie... et un piège mental 🧠
Le parcours devait initialement faire 65 km et 2 750 m de D+.
Quelques jours avant, à cause de la météo annoncée sur les sommets, l’organisation a décidé de raccourcir à 55 km et 2 450 m de D+. Sur le moment, j’étais presque soulagé.
Et c’est là que ça m’a un peu piégé.
Inconsciemment, je me suis dit que comme c’était “moins long”, je pouvais peut-être me permettre d’en faire un peu plus au début. C’est exactement le genre de raisonnement qu’il faut pas avoir en trail.
Spoiler : ça s’est ressenti plus tard.
Le départ : froid violent et longue montée 🥶
7h du matin. Températures proches de 0. Rafales annoncées à 90 km/h. Ressenti autour de -13°C à 1630m.
Les premiers kilomètres attaquent directement une longue montée qui va durer presque 20 km. Pas forcément très technique, mais longue, usante, avec des passages bien raides.
Très vite, je sens que je suis un peu trop haut en cardio. Sauf que les sensations sont bonnes. Alors tu restes dans ce rythme en te disant que ça va passer.
Avec le recul, j’aurais dû ralentir plus tôt. C’est exactement le piège que je décrivais dans Trail débutant : comment savoir si ton allure est la bonne : les bonnes sensations au départ, ça ment.
Les bâtons m’ont sauvé la vie sur cette partie. Certains passages faisaient vraiment mal aux jambes sans eux. Si tu te poses encore la question de leur utilité, j’en parlais dans Les bâtons en trail : utiles ou gadget ? 🏔️.
Le froid et l’alimentation : le combo galère 🍌
Le froid et le vent ont rendu l’alimentation vraiment compliquée.
Du mal à manger. Du mal à sortir les gels avec les doigts engourdis. Pas très envie de boire non plus. J’ai réussi à prendre globalement ce qu’il fallait, environ 65gr de glucides/heure, mais clairement dans l’inconfort total.
C’est un truc qu’on anticipe souvent mal : quand il fait froid, le corps coupe l’appétit. Et pourtant t’as besoin de carburant encore plus qu’en conditions normales.
La deuxième moitié : quand ça va mieux... puis plus du tout 📉
Une fois les grandes montées passées et les descentes arrivées, ça allait beaucoup mieux.
J’ai pu relancer, courir plus naturellement, prendre du plaisir. Pendant un bon moment, je me suis même dit que ça allait finalement bien se passer.
Puis il y a eu l’après dernier ravito à Fontienne.
Plus beaucoup d’énergie. Les montées devenaient vraiment lentes. Et il restait encore 400 m de D+ avant l’arrivée.
Le truc le plus dur : la météo avait complètement basculé. Du froid du matin, on était passé à un gros cagnard avec beaucoup moins de vent. Moi, toujours habillé pour le froid du départ, j’avais beaucoup trop chaud. Le sac pesait presque 4 kg avec tout le matériel obligatoire et l’eau.
Sur la fin, j’avançais au mental. Les jambes étaient bien entamées et chaque montée paraissait interminable.
Ce que cette course m’a appris sur mes limites actuelles 🔍
Je termine en 7h21min31s, 116e sur 395 finishers.
Et je pense que c’est ma limite actuelle sur ce format. Pas au niveau cardio. Plutôt musculairement. Sur les dernières heures, j’ai vraiment senti que je manquais encore de force pour tenir sans m’écrouler petit à petit.
A J+1, j’avais mal partout. Quadris, mollets, fessiers, pieds, bas du dos, trapèzes. Même marcher normalement était devenu compliqué.
C’est exactement pour ça que la récupération après une course comme celle-là, c’est pas optionnel. J’en parlais dans Tu peux rater un run. Pas une récup 🛌.
La prépa derrière tout ça 📊
Cette course, c’est 17 semaines de prépa avec Campus Coach.
893 km au total, soit 53 km par semaine en moyenne. 106h d’entraînement, 6h par semaine. 23 665 m de D+ cumulés, environ 1 400 m par semaine.
C’est ce volume progressif qui m’a permis d’arriver à la ligne de départ d’un 55 km sans me blesser pendant la prépa. La méthode, c’est pas de faire le plus possible. C’est de faire le bon volume au bon moment.
Si tu as un objectif trail et que tu veux une prépa structurée, Campus Coach propose des plans adaptés à tous les niveaux. Et si tu veux bénéficier d’un mois d’abonnement gratuit, utilise mon code MATTIRUN. Tu peux t’inscrire directement ici : campuscoach.fr. (affiliation)
Au fond
Malgré tout ça, j’ai adoré. C’est aussi pour ce genre de journée qu’on fait du trail. T’as des heures à subir, à te demander pourquoi t’es là, à négocier avec tes jambes pour encore 500 m. Et puis tu franchis la ligne. Et t’as déjà envie d’y retourner.
Prochaine étape : Nice by UTMB, 50 km.
La montagne n’a pas fini d’entendre parler de moi.
En résumé
✔️ Le THP 2025 : 55 km, 2 450 m de D+, des conditions météo extrêmes et une course raccourcie au dernier moment
✔️ Le piège classique : se dire que “moins long” veut dire “plus facile à gérer au départ”
✔️ La limite musculaire avant cardio : ce que révèlent vraiment les longues distances
✔️ 17 semaines de prépa Campus Coach derrière, 893 km et 23 665 m de D+ cumulés
Petite question pour toi :
T’as déjà vécu une course où les conditions météo ont tout changé ? Comment tu as géré ?
À très vite,
Matti Lontra


