Salut les traileurs,
Samedi, je n’ai pas franchi la ligne d’arrivée à Nice.
J’ai abandonné au kilomètre 29, après 4h37 de course et 1 456 m de D+.
Il y a des jours avec, et des jours sans. Samedi, c’était clairement sans.
Je te raconte tout, sans filtre.
⛰️ Ma première erreur : j’ai sous-estimé les montées
Je m’étais fait un film.
Course descendante, départ des hauteurs d’Eze, arrivée au bord de la mer. Dans ma tête, c’était roulant.
La réalité était très différente.
Sur le plat et dans les descentes, je me sentais bien. Mon terrain de jeu, comme d’habitude.
Mais dès que ça grimpait pour de vrai, il n’y avait plus personne dans les jambes.
Le corps qui dit non. Tout simplement.
La leçon : “course descendante” ne veut pas dire “course facile”. Un profil global ne dit rien des murs qui le composent.
💔 Le tournant : le ravito assisté
J’arrive au ravito assisté en même temps qu’un pote.
Sauf que lui était parti quinze minutes après moi, sur la deuxième vague.
Ça pique, forcément.
On repart ensemble. Je m’accroche, j’essaie de tenir sa cadence. Et sur le mur suivant, je le vois prendre de l’avance tranquillement pendant que des dizaines de coureurs me doublent.
C’est là que j’ai compris.
Au passage, c’est l’erreur classique : se calquer sur le rythme de quelqu’un d’autre. Je le sais, je l’ai écrit ici plusieurs fois, et je l’ai fait quand même. Se comparer aux autres, ça plombe, même en pleine course.
🤔 La vraie question que je me suis posée
J’aurais pu continuer en marchant. Finir la course comme ça.
Mais je me suis posé la vraie question : à quoi bon ?
Je ne prenais aucun plaisir
Il me restait plus de vingt bornes
Et encore une bonne dose de dénivelé devant moi
M’infliger ça juste pour une ligne d’arrivée, ça n’avait aucun sens.
Ce n’est qu’une course.
Par contre, je m’assois sur mes Running Stones. Ça oui. Moi qui en avais déjà zéro, me voilà bien avancé.
✋ Un abandon, ce n’est pas un échec
C’est une décision.
Continuer dans cet état, c’était aller droit vers la blessure. J’ai préféré me préserver pour la suite.
Et il y a une vraie différence entre :
Abandonner parce que c’est dur (le trail est censé être dur)
Abandonner parce que ton corps t’envoie un signal clair (là, c’est de l’intelligence)
J’ai déjà payé le prix d’une douleur que j’ai ignorée trop longtemps, tu connais l’histoire de mes adducteurs. Pas envie de recommencer pour un dossard.
Ici, je raconte aussi les courses qui se passent mal. Deux fois par semaine, du trail expliqué simplement et sans filtre.
📊 Ce que disent les chiffres
Mardi, je te parlais du km-effort. Alors faisons le calcul sur cette course.
29 km et 1 456 m de D+, ça fait environ 43,5 km-effort en 4h37.
Soit 9,4 km-effort/h.
Mon objectif était entre 10 et 11,7. Sur Haute Provence au printemps, j’étais à 10,7 sur 55 km.
Les chiffres disent exactement ce que mes jambes me disaient : ce n’était pas mon jour. Si tu veux comprendre ce calcul, c’est expliqué ici.
🌱 Ce que je repars avec
Une course comme celle-là, ça apprend énormément. Bien plus que si tout s’était passé comme sur des roulettes.
Ne plus juger un parcours sur son profil général. Je regarderai les murs, pas la tendance.
Ne plus jamais me calquer sur un autre coureur. Même un pote. Surtout un pote.
Savoir que je sais m’arrêter. C’est bête, mais c’est rassurant. Je ne suis pas du genre à me détruire pour une médaille.
Et enfin : ma prépa a été compliquée, je t’en avais parlé. Perte de sens, canicule, motivation en dents de scie. Samedi, j’en ai vu le résultat. C’est logique, et ce n’est pas grave.
Au fond
On encaisse, on digère, et on repart. La montagne sera toujours là.
Un abandon, ça fait mal sur le moment. Mais ça ne dit rien de qui tu es comme coureur. Ça dit juste qu’un jour donné, sur une course donnée, ton corps n’a pas suivi. Ça arrive à tout le monde, des débutants aux élites.
Merci à tous ceux qui ont suivi la course et qui ont envoyé de l’énergie. Ça compte plus que vous ne croyez.
On lâche rien.
En résumé
✔️ Un profil “descendant” ne veut pas dire un parcours facile : regarde les montées, pas la tendance générale
✔️ Se calquer sur le rythme d’un autre coureur, c’est le meilleur moyen de se cramer
✔️ Abandonner n’est pas un échec, c’est une décision pour se préserver
✔️ Une course ratée t’apprend plus qu’une course parfaite
Petite question pour toi :
Tu as déjà abandonné une course ? Comment tu l’as vécu, sur le moment et après ?
À très vite,
Matti Lontra



C’est dommage d’abandonner alors que tu n’étais pas blessé.
Je pense, sans jugement, que ta tête n’était pas suffisamment prête car le physique peut repartir et retrouver des ressources insoupçonnées.
Cela m’était déjà arrivé sur un 70km à Pralognan où j’ai voulu arrêter au km 40 et c’est ma femme qui m a sauvé.
Je suis reparti et j’ai terminé plutôt bien 😌.
« Si je ne suis pas blessé, je continue », c’est ce que je garde en tête au début de chacune de mes courses 💪