Mon chien court mieux que moi. Et voilà ce que ça m’a appris 🐕
Courir en trail avec son chien : ce que personne ne te dit avant de commencer.
Salut les traileurs,
Depuis peu, j’ai un nouveau partenaire de sortie.
Il a 6 ans, il est enthousiaste, il ne se plaint jamais. Et au bout de 20 minutes il a parfois plus chaud que moi.
C’est mon golden retriever.
Et si j’avais suivi mon premier réflexe : “un chien ça court, c’est fait pour ça”, j’aurais probablement fait une erreur. Une erreur qui aurait pu lui coûter cher.
Parce que courir avec son chien en trail, c’est une vraie pratique qui demande autant de préparation que courir soi-même. Peut-être même plus.
Ce qu’on croit au départ (et pourquoi c’est faux)
“Un chien, ça court. C’est instinctif. Il suivra.”
C’est à peu près ce que je pensais.
Et c’est vrai dans un sens : un chien va courir avec toi. Il va te suivre, il va sembler aller bien, il va avoir l’air content.
Mais un chien ne te dira jamais qu’il est épuisé. Il continuera parce que tu continues. Parce que vous êtes ensemble. Parce que son instinct est de ne pas te lâcher.
C’est exactement pour ça que c’est à toi de connaître ses limites. Pas à lui de te les signaler.
Toutes les races ne sont pas égales face à l’effort
C’est la première chose à intégrer, et c’est celle que j’ai sous-estimée au départ avec mon golden.
Les chiens d’attelage comme le Husky de Sibérie ou le Malamute d’Alaska, ou encore le Border Collie, le berger allemand, ou le berger australien sont des races très endurantes. Ce sont des chiens taillés pour l’effort long.
Le golden retriever, lui, est dans une autre catégorie. C’est un chien énergique et sportif, oui. Mais le Golden Retriever fait partie des races plus susceptibles de développer une dysplasie de la hanche; une malformation articulaire qui peut être aggravée par des efforts trop intenses ou inappropriés.
Ce n’est pas une raison de ne pas courir avec lui. C’est une raison de le faire intelligemment.
Les races à éviter complètement pour la course longue : les chiens aux museaux courts comme les Carlins ou les Bulldogs sont des races qui ne disposent pas d’une constitution qui leur permet de courir sur une longue distance car ils sont plus sujets aux problèmes respiratoires.
Le bon réflexe avant de commencer : demande à ton vétérinaire si la race de ton chien est adaptée, et si ce chien en particulier, avec ses antécédents, sa morphologie, son poids, peut courir avec toi.
L’âge de ton chien change tout
Les articulations des chiots sont en développement jusqu’à 12-18 mois. Courir trop tôt ou trop fort peut favoriser les troubles articulaires plus tard.
Mais l’âge avancé est aussi un facteur à prendre en compte.
Mon golden a 6 ans. Ce n’est pas vieux pour un chien, mais ce n’est plus un jeune chien non plus. Certains golden retrievers peuvent commencer à ralentir lorsqu’ils atteignent leur 8e anniversaire, tandis que d’autres peuvent rester actifs bien au-delà.
Ce que j’ai appris avec lui : à 6 ans, il a de l’énergie mais sa récupération est différente de celle d’un chien de 3 ans. Il a besoin de plus de temps entre deux sorties. Et certains terrains, les descentes très raides, les rochers glissants, demandent plus d’attention qu’avec un jeune chien.
La règle simple : l’âge de ton chien influence ses capacités autant que sa race. Les deux ensemble définissent vraiment ce qu’il peut faire.
La chaleur : le danger le plus sous-estimé
C’est le point sur lequel j’ai été le plus surpris.
Un chien régule sa température différemment d’un humain. Il transpire très peu par la peau, il régule essentiellement par la respiration, en haletant. C’est bien moins efficace que notre système de transpiration.
Les coussinets sont sensibles à la chaleur : gare au goudron en plein été ! Sur les sentiers exposés en été, les pierres et la terre sèche peuvent brûler les pattes.
En Provence où je cours, l’été est particulièrement concerné. Mes sorties avec mon golden en été : tôt le matin uniquement. Avant 8h. Avec beaucoup d’eau pour lui aussi. Et sur des sentiers ombragés quand c’est possible.
Les signaux d’un chien qui souffre de la chaleur :
halètement excessif et bruyant
langue très rouge et gonflée
démarche instable ou chancelante
refus d’avancer
Si tu vois ça : tu t’arrêtes immédiatement, tu mets le chien à l’ombre, tu lui donnes de l’eau à petites quantités, et tu appelles un vétérinaire si ça ne s’améliore pas rapidement. Le coup de chaleur chez le chien est une urgence absolue.
Comment construire progressivement avec ton chien
C’est exactement le même principe qu’avec toi-même en trail : progressivité.
Faire trop, trop vite, augmente les risques de blessures chez votre chien, c’est le cas pour vous aussi.
Voilà comment j’y vais avec mon golden :
Les premières sorties : courtes et faciles
20 à 30 minutes maximum, terrain plat ou légèrement vallonné, allure très tranquille. L’objectif n’est pas de faire une vraie séance, c’est de voir comment il réagit, comment il récupère le lendemain.
Observer le lendemain
Est-ce qu’il se lève normalement ? Est-ce qu’il boite ? Est-ce qu’il a l’air fatigué ? Un chien qui a du mal à se lever le lendemain d’une sortie, c’est un signe que c’était trop.
Augmenter progressivement
Comme pour ton propre entraînement : pas plus de 10% de volume en plus par semaine. Laisser des jours de repos entre les sorties.
Adapter les terrains
Les sentiers souples (terre, herbe) sont bien plus doux pour les articulations que le bitume ou les rochers. Quand tu cours avec ton chien, pense à ses pattes autant qu’à tes genoux.
Ce que ton chien ne te dira jamais
C’est probablement la leçon la plus importante.
Pour faire plaisir à leur maître, bon nombre de chiens continuent à courir malgré la fatigue.
Mon golden est comme ça. Tant que je cours, il court. Il a envie d’être avec moi, il a envie de faire plaisir. La notion de “j’en peux plus” n’existe pas vraiment pour lui dans ce contexte.
C’est pour ça que les pauses, l’eau, et l’observation de son comportement pendant la sortie sont entièrement ta responsabilité. Pas la sienne.
Les signaux en sortie à surveiller :
il commence à traîner derrière toi alors qu’il était devant
il cherche l’ombre ou s’allonge spontanément
son halètement devient excessif pour l’allure
il ralentit ou refuse d’avancer
À chacun de ces signaux : on marche, on s’arrête, on donne de l’eau.
La question du vétérinaire : vraiment indispensable
Avant de commencer une activité physique intense avec son chien, il est fortement conseillé de passer chez le vétérinaire pour vérifier l’état de santé de son animal.
Pour mon golden, j’ai demandé à mon vétérinaire avant de commencer. Il a vérifié ses hanches, ses articulations, son cœur. Et il m’a donné des conseils adaptés à lui spécifiquement, pas à “un golden retriever de 6 ans en général”, mais à mon chien avec ses antécédents.
C’est 20 minutes de consultation qui valent tous les articles du monde, y compris celui-ci.
Ce que ça change dans ma pratique du trail
Courir avec mon golden, c’est une autre façon de courir.
Plus lentement. Plus attentif au terrain. Plus à l’écoute. Et honnêtement, souvent plus agréable.
Il y a quelque chose dans courir avec un chien qui force à ralentir le mental autant que les jambes. On regarde les mêmes sentiers différemment. On fait des pauses différemment.
Et je reviens souvent de ces sorties avec lui plus détendu que de mes sorties solo.
Il court peut-être moins loin que moi. Mais il profite probablement plus.
Au fond
Courir avec son chien en trail, c’est une pratique magnifique. Mais c’est une pratique qui se prépare.
Chaque chien est différent. Chaque race a ses forces et ses fragilités. Chaque chien a son âge, ses antécédents, sa condition physique du moment.
Ce n’est pas parce que c’est un animal qu’il est forcément robuste. C’est parce que c’est un être vivant qu’il mérite exactement la même attention que toi.
En résumé
✔️ Toutes les races ne sont pas faites pour l’endurance : renseigne-toi sur la tienne et consulte ton vétérinaire avant de commencer
✔️ La chaleur est le danger le plus sous-estimé : sors tôt le matin en été, surveille le halètement et les coussinets
✔️ Ton chien ne te dira jamais qu’il est épuisé : c’est à toi d’observer et de décider les pauses
✔️ Progressivité obligatoire : commence court et facile, observe le lendemain, augmente lentement
Petite question pour toi :
Tu cours avec ton chien ? Ou t’as déjà pensé à le faire ? Quelle race ?
À très vite,
Matti Lontra


